Une fois n'est pas coutume, il m'arrive d'entendre mon réveil, de me lever tôt le matin et de me réveiller avec les infos du jour. Eh bien aujourd'hui, j'aurais préféré dormir.
Outre le mouvement lycéen dont je ne sais que penser ni ce qu'il va devenir (certains pensent déjà à un mouvement européen proto-révolutionnaire, d'autres, bah, s'en foutent), le flash de 7h n'était pas pour me plaire.
Il y a une semaine, le gouvernement annonçait la hausse du plafond des bourses du CROUS, qui passe de 27 000€ à 32 000€ par an (2250€ et 2666€ par mois.) Ce qui m'a souverainement fait hausser les épaules : c'est très gentil, ça va encore coûter de l'argent, et bon sang, si je pouvais vivre avec 2600€ par mois, même à deux, je serais drôlement contente. Si on est pauvre avec des revenus pareils, je me demande ce que je suis.
Non, en fait, ça me fout en rogne. Y'aura toujours des gens pour me dire "oh, mais, dis donc, tu exagères, quand on élève plusieurs enfants on n'a pas trop de 32 000€ par an." A un argument pareil, je réponds tout aussi bassement qu'il y a des gens qui font la même chose avec un SMIC. Histoire de vous faire relativiser un peu.
Non parce que, de mon côté, c'est tout de même drôle ce qui m'arrive. J'ai déposé un dossier de demande de bourse en janvier 2008. En septembre, sans nouvelles du CROUS, je suis allée les voir, pour apprendre qu'ils avaient tout bonnement perdu mon dossier, et m'affirment ne jamais l'avoir eu. Ouais, faut que j'ai une discussion avec mon double schizophrène, j'imagine. C'est là qu'intervient l'un des dialogues les plus surréalistes auxquels il m'ait été de participer, et, je n'aime pas spécialement faire étalage de ma vie, mais là, bon sang, ça vaut le coup.
"Voilà, alors il faut que vous complétiez un dossier [un nouveau dossier, pensé-je intérieurement], pour lequel il vous faudra blablabla [...] et une déclaration de revenus de vos parents.
- Euh, mon père est mort et ma mère a disparu au Brésil, j'ai pas de déclaration de revenus de mes parents [là, je rigole, intérieurement toujours]
- Il en faut quand même une.
- ...
- ...
- Euh ouais, ben, bonne journée, au revoir."
Donc voilà. Le système des bourses est tellement bien fait en France que, lorsqu'on n'a aucun revenu, on ne peut pas en bénéficier. C'est chouette hein ? Mais revenons-en à France Inter. Or donc, augmentation du plafond des bourses. Et hier, notre Président de la République annonce qu'il compte porter la proportion de boursiers dans les classes prépa à 30%. Et alors là, je rigole. Parce que j'y étais, en prépa, et si on était trois boursiers par classe, c'est beaucoup. Mais évidemment, super-Sarkozy a une solution pour tout : vous voulez plus de boursiers en prépa ? Facile, augmentez le nombre de boursiers ! Mettez-les en échelon 0 (pas de frais de scolarité dans l'enseignement public, mais pas de versements mensuels) pour que ça coûte pas trop cher. Avec la fourchette 27 000-32 000€, vous touchez pile poil les classes moyennes, la plus sensible aux petits cadeaux du gouvernement. Non seulement vous passez pour le Père Noël, mais en plus vous avez des chances de remplir vos objectifs.
Alors, évidemment, les médias n'ont pas mis en relation les deux informations. La première a été diffusé de manière assez modérée, je n'arrête pas d'entendre parler de la seconde. Et voilà un nouvel exemple de ces "comme par hasard" médiatiques.
D'ailleurs, au passage, le même flash info, évoquant les droits des homosexuels dans le monde, a décrit l'homosexualité comme un choix. Alors là, bravo. Pour une fois que l'on a un terme plutôt bien choisi, et conventionnel, celui "d'orientation sexuelle", il faut parler de choix. Que l'homosexualité soit un choix, ça paraît chouette, mais quand même, j'ai des doutes. Parce que, dans ce cas, quid des bisexuels ? Des indécis, qui ne savent pas choisir ? Des goulus qui ne savent pas ce qu'ils veulent ? Des hybrides, des doubles hérétiques ? [oui, je rappelle au passage que le mot "hérésie" vient du grec haireo qui veut dire choisir, et c'est ma joie.] Je crois que je ne préfère pas savoir.
D'aucuns diront que je pinaille, mais il y a un proverbe anglais qui dit "God is in the details." Alors Dieu, je m'en fous, mais laissez moi mon gode.


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